En parlant de gastronomie, on emploie souvent des mots comme auteur, signature, création, inspiration, plaisir, texture, couleur, odeur, forme ou sensation, entre autres. Tous ces termes appartiennent au champ sémantique de l’art. La grande cuisine peut, elle aussi, trouver sa place auprès d’œuvres d’art et, au vu des qualités mentionnées, un musée d’art moderne peut être un bon endroit où l’exhiber.

Ce n’est pas un hasard, donc, si le musée d’art moderne de San Francisco par excellence (SFMoMA) parie sur le fait d’intégrer la gastronomie en collaboration avec le chef Corey Lee (deux étoiles Michelin). En 2016, Corey ouvrira au SFMoMA le restaurant In Situ, où l’on pourra déguster les célèbres plats de chefs à la renommée internationale. Un projet qu’il définit lui-même comme “un prolongement de la mission la plus grande du musée : présenter de grandes œuvres du monde entier et les rendre accessibles au grand public“. Il affirme également que In Situ favorisera l’appréciation des traditions culinaires, et il espère que cela encouragera le dialogue à propos de nos rapports à la nourriture, sans trop s’éloigner de la manière dont le SFMoMA accueille et prend soin d’importantes œuvres d’art ».

Mousse au chocolate Corey Lee

Mousse au chocolate by Corey Lee

Des chefs prestigieux collaboreront à ce projet et cèderont leurs connaissances afin que Lee puisse élaborer ces œuvres avec la plus grande précision possible. Ainsi, Lee reproduira des plats comme le “Velouté de tomates et de grosses crevettes ” de Carme Ruscalleda (Sant Pau), l’“Hydromel et fractal fluide” de Juan Mari Arzak (Arzak), “Une interprétation de la vanité” d’ Andoni Luis Aduriz (Mugaritz), Coco Thaï” d’Albert Adrià (Tickets) ou encore l’un des ceviches de Gastón Acurio, parmi d’autres créations comme celles de Wylie Dufresne, Daniel Boulud, Daniel Patterson, René Redzepi (Noma), Thomas Keller (The French Laundry), Dominique Ansel (Dominique Ansel Kitchen). Une partie des bénéfices obtenus pour chaque plat du restaurant sera versée au chef qui aura décidé de partager ses créations.

Pour que cela soit possible, on tiendra compte de plusieurs aspects du processus, allant de la mesure soigneuse des ingrédients, leur combinaison et leur élaboration, jusqu’aux couverts, au service de table, aux serviettes et aux nappes afin de recréer, avec la plus grande exactitude, chaque création culinaire originale. Pour Lee, tout comme il l’affirme dans son entretien à The Wall Street Journal, l’une des composantes de cette initiative consistera à éduquer le client, car si on ne lui fournit pas, par écrit, des renseignements sur l’histoire et la technique, il ne s’agira donc pas d’un musée. Toutefois, il est conscient qu’il faut soigneusement concevoir la formule pour faire admettre cette condition requise sans que les hôtes n’aient l’impression d’assister à un séminaire.

Le restaurant restera ouvert au-delà de l’horaire du musée, et servira des plats pour le déjeuner et le dîner. Avec une capacité de 150 convives, il sera divisé en deux zones : une zone plus petite avec des tables disponibles pour des réservations ainsi qu’une autre zone plus grande et ouverte où il ne faudra pas réserver, et dont la vocation visera à ouvrir les portes du monde gastronomique au public et à attirer ‘in situ’ les visiteurs du musée.

Font foto: kennejima

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